Ceci n’est pas un ouvrage portant sur l’actualité et la matérialité des environnements immersifs mais sur la manière dont les films, tout au long de l’histoire du cinéma, ont figuré le sujet aussi bien que l’expérience d’une condition immersive qui n’est pas l’apanage de notre modernité. Le cinéma de fiction — spécifiquement, un ensemble de films de Buster Keaton, Abel Gance, Terry Gilliam, Jacques Tourneur, Dario Argento, Cooper et Schœdsack, Andreï Tarkovski, László Nemes — est en effet considéré comme un lieu où peut s’énoncer, à travers l’analyse esthétique, une pensée différente de l’immersion. Partant, loin de vouloir établir en quoi consiste, ou à quoi tient l’immersion, la visée de cette archéologie plus ou moins inédite est de mettre au jour ce que le cinéma nous dit, de l’immersion ou de son sujet, sur le plan de la fiction : comment les films conçoivent, de manière souvent implicite, une expérience comprise tout à la fois comme transhistorique, et irréductible à un médium ou un dispositif unique.